Mounjaro : portrait complet, avantages, inconvénients et dangers du tirzépatide
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Introduction
Le Mounjaro, dont le principe actif est le tirzépatide, s’est imposé en quelques années comme l’un des médicaments les plus médiatisés dans le domaine du diabète et de la perte de poids. Les vidéos publiées sur TikTok, Instagram ou YouTube présentent parfois le produit comme une solution rapide, presque miraculeuse, pour perdre plusieurs kilos.
Cette popularité rappelle le phénomène observé autour de l’Ozempic, un autre médicament agissant sur le système des hormones intestinales. La comparaison est toutefois imparfaite : Ozempic contient du sémaglutide, tandis que Mounjaro contient du tirzépatide. Les deux traitements ont des indications, des mécanismes et des données cliniques distincts.
Le tirzépatide est un véritable médicament, destiné à être prescrit dans des situations médicales précises. Il ne s’agit ni d’un complément alimentaire, ni d’un produit cosmétique, ni d’une injection anodine destinée à perdre quelques kilos avant l’été. Dans l’Union européenne, Mounjaro est autorisé dans le diabète de type 2 insuffisamment contrôlé chez les adultes, les adolescents et les enfants à partir de 10 ans. Pour la gestion du poids, il est autorisé chez les adultes ayant un IMC initial d’au moins 30 kg/m², ou d’au moins 27 kg/m² avec au moins une affection liée au poids, en complément d’une alimentation hypocalorique et d’une activité physique accrue ((1)).
La demande croissante, l’exposition sur les réseaux sociaux et l’achat de produits en dehors du circuit pharmaceutique soulèvent des inquiétudes importantes. L’Organisation mondiale de la santé a alerté, le 30 juillet 2026, sur l’obtention de médicaments de la famille des agonistes du GLP-1 en dehors des indications autorisées et des cadres médicaux, notamment via des plateformes en ligne ou des canaux informels ((2)).
Avertissement : cet article présente des informations générales. Il ne remplace pas une consultation médicale. Toute utilisation du Mounjaro doit être discutée avec un médecin et suivie par un professionnel de santé.
Qu’est-ce que le Mounjaro ?
Mounjaro est le nom commercial du tirzépatide, un médicament injectable administré généralement une fois par semaine. Il appartient à une classe particulière de molécules appelées agonistes doubles des récepteurs GIP et GLP-1.
Ces deux hormones sont naturellement produites par l’intestin après les repas. Elles participent notamment :
- à la régulation de la glycémie ;
- à la stimulation de la sécrétion d’insuline lorsque le taux de sucre augmente ;
- à la diminution de la production hépatique de glucose ;
- au ralentissement de la vidange de l’estomac ;
- à la régulation de la faim et de la satiété.
Le tirzépatide imite l’action de ces hormones, avec une durée d’action suffisamment longue pour permettre une injection hebdomadaire. Son effet sur l’appétit explique en partie la perte de poids observée chez de nombreux patients ((1)).
À retenir : vocabulaire technique
- GLP-1 : hormone intestinale impliquée dans la glycémie, la satiété et la digestion.
- GIP : hormone intestinale qui participe notamment à la réponse insulinique après un repas.
- Agoniste des récepteurs : substance qui reproduit ou renforce l’action d’une hormone ou d’un messager naturel.
- Glycémie : taux de glucose, ou sucre, présent dans le sang.
- IMC : indice de masse corporelle, calculé à partir du poids et de la taille. Il constitue un indicateur, mais ne résume pas à lui seul l’état de santé d’une personne.
L’histoire du Mounjaro
Le tirzépatide a été développé par le laboratoire Eli Lilly à partir des recherches consacrées aux hormones intestinales et au rôle du système digestif dans le métabolisme. Son développement s’inscrit dans une évolution majeure de la médecine du diabète : les traitements modernes ne cherchent plus seulement à réduire la glycémie, mais aussi à agir sur le poids et certains facteurs de risque métabolique.
Le Mounjaro a d’abord été autorisé aux États-Unis en mai 2022 pour le traitement du diabète de type 2. Dans l’Union européenne, son autorisation de mise sur le marché a été accordée le 15 septembre 2022 ((1)).
Son image publique a ensuite changé avec la publication d’essais cliniques montrant une perte de poids importante chez des personnes présentant une obésité ou un surpoids associé à des complications. La médiatisation de ces résultats a contribué à faire du tirzépatide un produit très recherché, y compris par des personnes ne présentant pas d’indication médicale.
Cette évolution a créé une tension entre deux réalités :
- Le tirzépatide peut être un outil thérapeutique utile chez des patients correctement sélectionnés.
- Son usage esthétique ou non encadré expose à des risques évitables, tout en pouvant compliquer l’accès aux traitements pour les personnes qui en ont besoin.
Dans quelles situations le Mounjaro est-il utilisé ?
Le diabète de type 2
Le Mounjaro peut être prescrit chez les adultes et, selon les indications européennes en vigueur au 20 septembre 2026, chez les enfants et adolescents à partir de 10 ans atteints de diabète de type 2 insuffisamment contrôlé ((1)). Il peut être utilisé seul, lorsque la metformine est inappropriée en raison d’une intolérance ou d’une contre-indication, ou en association avec d’autres traitements antidiabétiques ((1)).
Le traitement peut :
- réduire la glycémie ;
- améliorer certains paramètres métaboliques ;
- diminuer l’appétit ;
- favoriser une perte de poids chez de nombreux patients.
Le risque d’hypoglycémie est généralement limité lorsque le tirzépatide est utilisé seul. En revanche, ce risque peut augmenter lorsqu’il est associé à de l’insuline ou à certains médicaments appelés sulfamides hypoglycémiants. Le médecin peut alors devoir ajuster les doses ((1)).
Le surpoids et l’obésité
Mounjaro peut également être utilisé pour la gestion du poids chez les adultes ayant un IMC initial d’au moins 30 kg/m², ou un IMC compris entre 27 et moins de 30 kg/m² accompagné d’au moins une affection liée au poids, telle qu’une hypertension, une dyslipidémie, une apnée obstructive du sommeil, une maladie cardiovasculaire, un prédiabète ou un diabète de type 2 ((1)).
Il doit être intégré à une stratégie plus large comprenant notamment :
- une alimentation adaptée ;
- une activité physique compatible avec l’état de santé ;
- un accompagnement médical ;
- une prise en compte du sommeil, du stress et des facteurs psychologiques ;
- un suivi durable, car l’obésité est une maladie chronique et non un simple problème de volonté.
Le traitement n’est donc pas destiné à toute personne souhaitant perdre quelques kilos. L’Organisation mondiale de la santé recommande d’envisager les traitements de cette famille dans le cadre d’une prise en charge médicale structurée, notamment chez les adultes vivant avec une obésité ((3)).
Comment agit le tirzépatide sur le poids ?
La perte de poids repose sur plusieurs mécanismes complémentaires.
Une diminution de l’appétit
Le tirzépatide agit sur des régions du cerveau impliquées dans la faim et la satiété. Certaines personnes ressentent moins souvent la faim, sont rassasiées plus rapidement ou pensent moins fréquemment à la nourriture.
Un ralentissement de la vidange gastrique
Le médicament peut ralentir le passage des aliments de l’estomac vers l’intestin. La sensation de satiété peut ainsi durer plus longtemps. Ce mécanisme explique aussi certains effets secondaires digestifs, notamment les nausées, les ballonnements et la sensation d’estomac lourd ((1)).
Une amélioration de la régulation du glucose
Chez les personnes diabétiques, le tirzépatide augmente la sécrétion d’insuline lorsque la glycémie est élevée et réduit la libération excessive de glucose par le foie. Cette action contribue au contrôle du diabète ((1)).
Une réduction de la masse grasse
Les essais cliniques indiquent que la perte de poids est principalement liée à une diminution de la masse grasse ((1)). Toutefois, toute perte de poids importante peut aussi s’accompagner d’une diminution de la masse musculaire, en particulier si l’alimentation est insuffisante ou si l’activité physique n’inclut pas de renforcement musculaire.
La diminution de la masse musculaire n’est pas propre au tirzépatide et ne peut pas être qualifiée de « nocive » dans tous les cas. Elle doit plutôt être surveillée, notamment lorsque la perte de poids est rapide, que les apports nutritionnels sont insuffisants ou que l’activité physique est faible.
Quels sont les avantages potentiels ?
Une efficacité importante chez certains patients
Les études cliniques ont montré une perte de poids supérieure à celle observée avec un placebo chez des personnes présentant une obésité ou un surpoids associé à des complications. Selon l’Agence européenne des médicaments, dans un essai de 72 semaines, plus de 85 % des participants sous Mounjaro ont perdu au moins 5 % de leur poids, contre 35 % dans le groupe placebo ((1)).
Ces résultats ne signifient pas que tout le monde perdra la même quantité de poids. La réponse dépend notamment :
- de la dose ;
- de la durée du traitement ;
- de l’alimentation ;
- de l’activité physique ;
- de l’âge ;
- des antécédents médicaux ;
- des autres médicaments utilisés ;
- de la réponse individuelle au traitement.
Un meilleur contrôle du diabète
Chez les personnes atteintes de diabète de type 2, Mounjaro peut contribuer à réduire l’hémoglobine glyquée, un indicateur de l’équilibre de la glycémie sur plusieurs semaines ((1)).
Des bénéfices métaboliques associés
La perte de poids et l’amélioration de la glycémie peuvent s’accompagner d’une amélioration de certains facteurs de risque, comme la pression artérielle ou les lipides sanguins. Ces bénéfices ne doivent toutefois pas être interprétés comme une garantie de prévention de toutes les maladies cardiovasculaires ((1)).
Une administration hebdomadaire
Le fait de recevoir une injection par semaine peut être plus simple pour certains patients que des prises quotidiennes. Cette facilité ne dispense cependant pas d’un suivi médical régulier.
Les effets indésirables les plus fréquents
Les effets secondaires digestifs sont les plus couramment signalés. Ils surviennent souvent au début du traitement ou après une augmentation de la dose.
Les principaux sont :
- nausées ;
- diarrhées ;
- vomissements ;
- douleurs abdominales ;
- constipation ;
- diminution de l’appétit ;
- indigestion ;
- ballonnements ;
- reflux ou sensation de digestion lente.
Ces symptômes sont souvent d’intensité légère à modérée, mais ils peuvent devenir gênants ou provoquer une déshydratation. L’Agence européenne des médicaments indique que les effets indésirables digestifs sont généralement plus fréquents au moment de l’augmentation de la dose ((1)).
Un traitement bien toléré par une personne peut être difficile à supporter par une autre. Il ne faut donc pas reproduire la dose ou le rythme d’un proche.
**Utilisé sans encadrement ni suivi médical, le traitement peut exposer à des complications digestives parfois importantes, notamment des nausées et vomissements sévères, une déshydratation ou, plus rarement, une inflammation du pancréas. Une gastroparésie — c’est-à-dire un ralentissement pathologique de la vidange de l’estomac — a également été signalée avec cette famille de médicaments, mais elle ne doit pas être présentée comme une complication fréquente ni comme une « paralysie de l’estomac » systématique.
Les dangers et complications possibles
La déshydratation et l’atteinte rénale
Des vomissements ou des diarrhées répétés peuvent entraîner une déshydratation. Celle-ci peut provoquer une baisse de la tension artérielle et aggraver une insuffisance rénale préexistante.
Une attention particulière est nécessaire chez :
- les personnes âgées ;
- les personnes atteintes d’une maladie rénale ;
- les patients prenant des diurétiques ;
- les personnes incapables de boire suffisamment ;
- les patients souffrant de vomissements persistants.
La pancréatite aiguë
Une pancréatite aiguë est une inflammation brutale du pancréas. Elle reste peu fréquente, mais elle constitue une complication potentiellement grave.
Il faut consulter rapidement en cas de douleur intense et persistante dans le haut de l’abdomen, pouvant irradier vers le dos, notamment si elle s’accompagne de vomissements. L’information européenne sur le produit mentionne la pancréatite aiguë comme un effet indésirable peu fréquent ; en cas de suspicion, le tirzépatide doit être arrêté et ne doit pas être repris si le diagnostic est confirmé ((4)).
Les problèmes de vésicule biliaire
Une perte de poids rapide peut favoriser la formation de calculs biliaires. Des troubles de la vésicule biliaire ont également été observés avec les médicaments de cette famille.
Une douleur importante sous les côtes à droite, de la fièvre, un jaunissement de la peau ou des yeux, ou des vomissements persistants justifient un avis médical rapide.
L’hypoglycémie
Le risque est surtout préoccupant lorsque Mounjaro est associé à de l’insuline ou à un sulfamide hypoglycémiant. Les symptômes possibles comprennent :
- sueurs ;
- tremblements ;
- palpitations ;
- faim intense ;
- vertiges ;
- confusion ;
- troubles de la concentration ;
- perte de connaissance dans les cas graves.
Le médecin peut modifier le traitement associé afin de limiter ce risque.
Les réactions allergiques
Des réactions allergiques graves, bien que rares, peuvent survenir. Un gonflement du visage, des lèvres ou de la gorge, des difficultés à respirer, une éruption généralisée ou un malaise nécessitent une prise en charge urgente.
Les risques liés à l’anesthésie
Comme Mounjaro peut ralentir la vidange de l’estomac, il est important de signaler son utilisation avant une anesthésie ou une intervention nécessitant une sédation. L’équipe soignante évalue alors individuellement le risque de contenu gastrique résiduel et les précautions à prendre ; les recommandations internationales ne préconisent pas nécessairement l’arrêt systématique du traitement chez tous les patients ((8)).
Toute personne traitée doit informer l’anesthésiste, le chirurgien et les autres professionnels concernés.
Le risque théorique de tumeurs thyroïdiennes
Les données animales relatives au tirzépatide ont montré une augmentation de certaines tumeurs des cellules C de la thyroïde chez le rat. La portée de ce résultat chez l’être humain n’est pas établie, mais il justifie des précautions particulières.
Aux États-Unis, le tirzépatide est contre-indiqué chez les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de carcinome médullaire de la thyroïde ou de néoplasie endocrinienne multiple de type 2 ((5)). Les règles peuvent varier selon le pays et la notice applicable. Toute personne concernée doit en parler au médecin avant le traitement.
Les contre-indications et situations nécessitant un avis médical
Mounjaro ne doit pas être utilisé sans évaluation médicale. Le professionnel de santé doit notamment connaître :
- les antécédents de pancréatite ;
- les maladies digestives importantes ;
- les maladies rénales ou hépatiques ;
- les antécédents de calculs biliaires ;
- les traitements contre le diabète ;
- les antécédents de troubles alimentaires ;
- les interventions chirurgicales prévues ;
- une grossesse ou un projet de grossesse ;
- l’allaitement ;
- les antécédents personnels ou familiaux de certaines maladies thyroïdiennes.
Les femmes enceintes ou qui envisagent une grossesse doivent demander un avis médical. Le tirzépatide n’est pas recommandé pendant la grossesse ni chez les femmes en âge de procréer n’utilisant pas de contraception. La notice européenne recommande de l’arrêter au moins un mois avant une grossesse programmée ((4)).
Mounjaro et détournement esthétique : pourquoi est-ce préoccupant ?
Le mythe du médicament miracle
Sur les réseaux sociaux, le médicament est parfois présenté comme une solution simple, rapide et universelle. Cette présentation omet plusieurs éléments essentiels :
- les effets secondaires ;
- la nécessité d’une augmentation progressive des doses ;
- les contre-indications ;
- les interactions avec d’autres traitements ;
- la possibilité de reprendre du poids après l’arrêt ;
- le besoin d’un suivi à long terme.
Le terme de « médicament miracle » est particulièrement trompeur. Mounjaro ne supprime pas les causes de l’obésité, ne convient pas à tout le monde et ne garantit pas une perte de poids durable après son arrêt. Dans l’essai SURMOUNT-4, les participants passés du tirzépatide au placebo après une période initiale de traitement ont repris en moyenne 14 % de leur poids entre les semaines 36 et 88, tandis que ceux ayant poursuivi le traitement ont encore perdu 5,5 % en moyenne ((9)).
Une utilisation chez des personnes sans indication
Certaines personnes cherchent à perdre quelques kilos alors qu’elles ne présentent ni obésité ni complication liée au poids. Dans cette situation, le rapport entre bénéfices attendus et risques peut être défavorable.
Prendre un médicament puissant pour modifier une silhouette sans indication médicale expose à des effets indésirables qui peuvent être disproportionnés par rapport au bénéfice recherché. Cela peut également renforcer la pression sociale autour de la minceur et banaliser l’idée qu’un traitement injectable serait nécessaire pour atteindre un certain aspect physique.
Une pression sur l’approvisionnement
La demande accrue peut contribuer à compliquer l’accès à certains traitements de cette famille lorsque l’offre ne suffit pas à répondre aux besoins. Toutefois, l’existence de pénuries et leur ampleur varient selon le médicament, le dosage, le pays et la période ; il est donc préférable de vérifier la situation auprès des autorités compétentes plutôt que de parler de « pénuries régulières » sans précision. En Belgique, l’AFMPS a notamment signalé des restrictions de disponibilité pour certains analogues du GLP-1 et rappelle que ces médicaments sont délivrés sur prescription dans une pharmacie agréée ((6), (10)).
Les personnes concernées ne sont pas uniquement celles souffrant d’« obésité sévère » : l’indication européenne de Mounjaro couvre aussi certains adultes en situation de surpoids avec une affection liée au poids, ainsi que des patients atteints de diabète de type 2 répondant aux critères médicaux.
En Belgique, l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé rappelle que les analogues du GLP-1 sont disponibles sur prescription et doivent être délivrés par une pharmacie agréée ((6)).
Le danger des achats en ligne et des produits falsifiés
L’achat sur les réseaux sociaux, les forums, les sites étrangers non autorisés ou auprès de particuliers comporte plusieurs risques :
- produit ne contenant pas le bon principe actif ;
- dosage incorrect ;
- conservation à une température inadaptée ;
- contamination ;
- dispositif d’injection non stérile ;
- absence de traçabilité ;
- absence de notice fiable ;
- impossibilité de vérifier la date de péremption ;
- absence de suivi en cas d’effet indésirable.
L’OMS a signalé des produits falsifiés de la famille des agonistes du GLP-1, notamment dans un contexte de forte demande et d’accès limité à certains produits ((7)). Cette alerte ne signifie pas que tout produit acheté en pharmacie est concerné, mais elle justifie de ne pas utiliser un médicament obtenu par un canal non autorisé.
Des produits falsifiés peuvent contenir une quantité insuffisante, excessive ou inconnue de substance active. Ils peuvent également contenir un autre produit dangereux.
Ne commandez jamais du Mounjaro auprès d’un particulier, sur un réseau social ou sur un site qui propose une délivrance sans ordonnance. En cas de doute sur un stylo ou une boîte, ne l’utilisez pas et demandez conseil à un pharmacien.
Que se passe-t-il après l’arrêt ?
Le Mounjaro ne guérit pas nécessairement la cause du surpoids ou de l’obésité. Son effet sur l’appétit et la satiété disparaît progressivement après l’arrêt. Certaines personnes reprennent donc une partie du poids perdu ((9)).
Cela ne signifie pas que le traitement est inutile. Cela rappelle plutôt que la prise en charge de l’obésité doit être pensée sur le long terme. L’arrêt, la poursuite ou la modification des doses doivent être discutés avec le médecin.
Il est déconseillé d’arrêter seul le traitement, en particulier chez une personne diabétique, car la glycémie peut augmenter.
Conseils pratiques pour une utilisation plus sûre
Lorsqu’un médecin prescrit Mounjaro, quelques précautions peuvent réduire les risques :
- Utiliser uniquement le dispositif prescrit, à la dose indiquée.
- Ne pas augmenter la dose soi-même, même si la perte de poids semble insuffisante.
- Ne pas partager un stylo d’injection, même avec une aiguille neuve.
- Respecter les conditions de conservation mentionnées dans la notice.
- Boire suffisamment, surtout en cas de nausées, de diarrhées ou de vomissements.
- Prévenir les professionnels de santé avant une anesthésie ou une intervention.
- Signaler tout effet indésirable inhabituel au médecin ou au pharmacien.
- Ne pas associer Mounjaro à un autre médicament amaigrissant ou agoniste du GLP-1 sans avis médical.
- Maintenir un apport suffisant en protéines et une activité adaptée, afin de limiter la perte de masse musculaire.
- Consulter rapidement en cas de douleur abdominale intense, de vomissements persistants, de déshydratation, de réaction allergique ou de symptômes d’hypoglycémie.
État actuel des connaissances scientifiques
Les données disponibles montrent que le tirzépatide peut être efficace pour améliorer la glycémie et favoriser une perte de poids chez des patients sélectionnés. Son rapport bénéfice-risque est considéré comme favorable lorsqu’il est utilisé conformément à ses indications, avec une prescription et un suivi adaptés ((1), (2)).
Cependant, plusieurs questions restent importantes :
- les effets d’un usage très prolongé chez des populations diverses ;
- la reprise de poids après l’arrêt ;
- l’évolution de la masse musculaire ;
- les conséquences d’un usage chez des personnes sans obésité ;
- l’impact des associations avec d’autres traitements ;
- les risques liés à l’automédication ;
- la qualité des préparations ou produits vendus hors circuit officiel.
L’OMS souligne que ces traitements peuvent représenter une option utile dans la prise en charge de l’obésité, mais qu’ils ne remplacent ni la prévention, ni l’accompagnement nutritionnel, ni l’activité physique, ni une organisation durable des soins ((3)).
Conclusion
Mounjaro est un médicament qui peut apporter des bénéfices importants dans le diabète de type 2 et dans certaines situations de surpoids ou d’obésité. Son efficacité sur la glycémie et le poids explique l’enthousiasme qu’il suscite.
Mais son succès médiatique favorise aussi des usages inappropriés : recherche d’une minceur rapide, prescription sans évaluation suffisante, partage de stylos, augmentation autonome des doses ou achat de produits sur Internet. Ces pratiques exposent à des effets indésirables, à des interactions, à des complications digestives ou métaboliques et, dans le cas des produits falsifiés, à des risques impossibles à prévoir.
Le Mounjaro ne doit donc pas être considéré comme un produit esthétique ou un médicament miracle. Il s’agit d’un traitement soumis à prescription, dont l’intérêt dépend du profil médical de chaque patient. La règle la plus sûre reste simple : ne l’utiliser que sur indication médicale, l’obtenir dans une pharmacie autorisée et bénéficier d’un suivi régulier.
Sources
((1)) Agence européenne des médicaments, « Mounjaro — European Public Assessment Report », autorisation de mise sur le marché délivrée le 15 septembre 2022 ; informations produit consultées le 20 septembre 2026. (ema.europa.eu)
((2)) Organisation mondiale de la santé, « Statement on the safe and appropriate use of GLP-1 receptor agonists », 30 juillet 2026. (who.int)
((3)) Organisation mondiale de la santé, « L’OMS publie des lignes directrices mondiales sur l’utilisation des analogues du GLP-1 dans le traitement de l’obésité », 1er décembre 2025.
((4)) Agence européenne des médicaments, « Mounjaro — Information produit », information produit consultée le 20 septembre 2026. (ema.europa.eu)
((5)) U.S. Food and Drug Administration, « Mounjaro — Prescribing Information », 2025.
((6)) Agence fédérale des médicaments et des produits de santé, « L’AFMPS met en garde contre la vente illégale d’analogues du GLP-1 sur les réseaux sociaux », 25 août 2025 ; page consultée le 20 septembre 2026. (afmps.be)
((7)) Organisation mondiale de la santé, « Shortages impacting access to glucagon-like peptide 1 receptor agonist products », 29 janvier 2024.
((8)) American Society of Anesthesiologists et organisations partenaires, « Most Patients Can Continue Diabetes, Weight Loss GLP-1 Drugs Before Surgery », 29 octobre 2024 ; page consultée le 20 septembre 2026.
((9)) Aronne L. J. et al., « Continued Treatment With Tirzepatide for Maintenance of Weight Reduction in Adults With Obesity: The SURMOUNT-4 Randomized Clinical Trial », JAMA, 2024.
((10)) Agence fédérale des médicaments et des produits de santé, « Disponibilité restreinte des analogues du GLP-1 : extension de la restriction de prescription », informations relatives aux restrictions de disponibilité en Belgique ; page consultée le 20 septembre 2026. (afmps.be)
Sources complémentaires
((a)) Organisation mondiale de la santé, « Alerte produit médical : Ozempic falsifié », 19 juin 2024.
((b)) U.S. Food and Drug Administration, « Mounjaro — Information for healthcare professionals », page consultée le 20 septembre 2026.
Remarque générale
L’article est globalement cohérent et bien documenté. Les principales corrections concernent la distinction entre effets indésirables fréquents et complications rares, la prudence nécessaire concernant la perte de masse musculaire, ainsi que l’affirmation trop générale sur les pénuries. Les données de disponibilité doivent être datées et vérifiées séparément pour chaque pays, médicament et dosage.